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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

Et les marmots dans tout ça?


     Selon les dires, il n’y aurait pas d’âge pour apprécier les joies de la montagne. Afin de mettre ce principe en application, nous avons donc emmené nos rejetons dès le plus jeune âge à la découverte des divers massifs. Au début, il faut bien le reconnaître, les objectifs étaient modestes. Que ce fut dans les Vosges ou le Vercors, l’essentiel de notre activité consistait dans le meilleur des cas à tenter de motiver les troupes, le goût de l’effort n’étant pas inné, plutôt qu’à lire des cartes pour découvrir des itinéraires hors des sentiers battus. Mais tout s’est progressivement mis en place, sans véritablement créer de mouvements de rébellion, au point de pouvoir organiser des départs sous les étoiles. Ainsi, l’idée nous est venue de partir observer la faune dans les monts du Cantal. Il fallait être à pied d’œuvre au lever du soleil, ce qui nous a contraint à une marche de nuit, après un chocolat avalé à la hâte au départ de la course. La chance nous a été donnée d’apercevoir un troupeau de mouflons, notre but avoué.


Lever de Soleil depuis le Plomb du Cantal

     Dans le sud où nous avons usé nos semelles durant plusieurs années, l’altitude aidant, nous avons entrepris l’ascension de quelques beaux sommets. Outre le Vignemale mentionné par ailleurs, d’autres 3000 ont ainsi été atteints lors de sorties à la journée, comme le Mont Pelat (3050 m) dans le Parc du Mercantour et le Taillon (3144 m) dans le Parc National des Pyrénées. Les dénivelés sont évidemment plus importants mais comme les objectifs sont clairement définis, les choses ne paraissent finalement pas beaucoup plus compliquées à gérer. Au point de nous lancer alors dans des treks de quelques jours en autonomie, en particulier dans la sauvage Ariège. Nourriture, eau, tente, couchage, chacun avait en charge une partie du matériel au prorata de son gabarit, la prudence restant de mise avec des marmots en pleine croissance. Tout à la force des mollets et dépaysement total assuré dans ces contrées dépeuplées, hormis quelques rencontres avec des pécheurs.


Trek en Ariège autour des lacs d'Orlu

     Les années passent, les randonnées succèdent aux randonnées, les massifs aux massifs. L’appel des hauteurs se fait plus présent et nous conduit en particulier en Vanoise pour quelques courses d’alpinisme facile sur les glaciers. Rien de bien original puisque nous mettrons entre autres à notre actif, avec les uns ou les autres selon les circonstances, le Dôme de Polset, la Pointe du Dard et le Dôme Chasseforêt. Ce dernier a clairement ma préférence pour diverses raisons : sa position au sein du massif, l’intimité du refuge, la marche d’approche, … Lors de son ascension, alors que nous progressions de nuit vers le Dôme des Sonnailles, nous avons eu l’étrange sensation d’être épiés. Nous avons poursuivi en direction du Col des Thurges et brutalement nous avons surpris dans le faisceau de nos lampes de nombreuses paires d’yeux d’un vert intense. Des extra-terrestres en Vanoise ? En réalité,  de paisibles moutons qui paissent en journée dans les alpages bordant les lacs …


Glaciers de la Vanoise, depuis le Glacier de la Grande Glière

     Après avoir gouté aux joies de l’alpinisme, on aurait pu croire que la randonnée serait reléguée au rang d’activité de seconde zone, à réserver pour nos vieux jours. C’était sans compter sur le fait que notre progéniture avait au fil des ans gagné en puissance. Les objectifs ont alors évolué et les sommets en tant que tels n'ont plus constitué le seul but à atteindre. Le jeu a donc consisté à choisir la manière d’y arriver, comme l’importance du dénivelé, le choix de l’itinéraire, la vitesse de progression, … Ainsi par exemple, dans le Massif du Mont Blanc, une traversée des Arêtes de Rochefort avait été programmée en fin d’été et il fallait trouver durant les jours précédants une sortie en guise d’échauffement. C’est sur le Mont Buet que nous avons jeté notre dévolu mais sans passer par la case refuge. Cela signifiait donc un peu moins de 2000 mètres de dénivelé avec pour récompense une vue à couper le souffle sur les principaux sommets. A chaque âge correspond en effet une approche de la montagne …


Le Mont Buet, depuis la Pointe Noire de Pormenaz