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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud principalement par l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Haut-Giffre, les Bornes-Aravis, le Mont-Blanc, le Beaufortain, la Vanoise, les Alpes Grées, le Val d'Aoste ...

mardi 8 septembre 2015

Du Lago Toggia au Lago Smeraldo : 5 jours au coeur des lacs (Piémont)

     Voici 2 ans, l'ascension du Grand Paradis nous avait fait franchir le Col du Petit Saint-Bernard pour parcourir brièvement le Val d'Aoste. L'idée avait donc germé d'explorer davantage le secteur mais c'est finalement plus au Nord que nous atterrirons, non loin du Lac Majeur, dans un recoin du Piémont logé entre la Suisse alémanique et la Suisse italienne. Les parcs naturels qui y fleurissent abritent une multitude de lacs, qu'il s'agisse de retenues artificielles ou d'étendues naturelles. Plusieurs ont ainsi été approchés lors de quelques randonnées estivales mais le tableau était loin d'être complet. Aussi y sommes-nous retournés pour poursuivre notre découverte. Bien que nous soyons loin d'en avoir fait le tour, il en ressort une série de randonnées qui parcourt le secteur du Nord au Sud, par le biais d'itinéraires alternant des sorties faciles et d'autres plus sportives, pour un dénivelé de plus de 4000 m. Les tracés empruntés sont variés, depuis les larges pistes très prisées des touristes aux parcours hors pistes plus confidentiels en passant par les étroits sentiers masqués par la végétation.

Couchant sur le Lago Maggiore

      Durant nos 2 séjours, la météo ne fut pas toujours des plus clémentes et nous avons essuyé lors de certaines sorties des pluies parfois abondantes. La plupart du temps cependant, le soleil était au rendez-vous, ce qui nous a permis de profiter au mieux de la couleur des lacs à forte dominante de vert et de bleu. En quelques jours, il nous a ainsi été possible de parcourir notamment les Laghi Toggia, Boden, Castel, di Devero, delle Streghe, di Pianboglio, d’Avino, di Antrona, di Campliccioli, di Camposecco et Smeraldo. La flore est abondante et diversifiée, tout comme les papillons présents en grand nombre dans les alpages fleuris. Au cours des 5 sorties dont l'itinéraire est exposé en détail, l'altitude et le dénivelé s'élèvent graduellement, tout comme le degré de difficulté, sauf bien entendu si l'on opte pour le téléphérique lors de l'ultime montée au Passo del Monte Moro. L'ambiance est alors résolument "haute montagne" avec un panorama étendu sur plusieurs sommets des Alpes suisses dépassant les 4000 m d'altitude, en particulier le Mont Rose et son impressionnante face Est.

Punta Cervandone, Chiesa di Croveo, Petit collier argenté, Edelweiss, Monte Rossa

Un descriptif détaillé des itinéraires est présenté ici :


     Un aperçu de la flore (de gauche à droite et de haut en bas) :

Achillée musquée (Achillea erba-rotta subsp. moschata), Aconit paniculé (Aconitum variegatum subsp. paniculatum), Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia), Anémone/Pulsatille soufrée (Anemone alpina subsp. apiifolia), Arnica (Arnica montana), Campanule à feuilles de cochléaire (Campanula cochleariifolia), Centaurée à une fleur (Centaurea uniflora), Céraiste à une fleur (Cerastium uniflorum), Edelweiss (Leontopodium nivale), Epervière glanduleuse (Hieracium glanduliferum), Epervière fausse chicorée (Hieracium intybaceum), Epilobe des moraines (Epilobium dodonaei subsp. fleischeri), Euphraise officinale ou de Rostkov (Euphrasia officinalis subsp. rostkoviana), Gentiane asclépiade (Gentiana asclepiadea), Gentiane des neiges (Gentiana nivalis), Gentiane pourpre (Gentiana purpurea), Gypsophile rampante (Gypsophila repens), Joubarbe à toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum), Joubarbe des toits (Sempervivum tectorum), Linaigrette de Scheuchzer (Eriophorum scheuchzeri), Linaire des Alpes (Linaria alpina), Marguerite des Alpes (Leucanthemopsis alpina subsp. alpina), Minuartie recourbée (Minuartia recurva), Œillet des Chartreux (Dianthus carthusianorum subsp. carthusianorum), Orpin blanc (Sedum album), Orpin rose (Rhodiola rosea), Parnassie des marais (Parnassia palustris), Petite astrance (Astrantia minor), Potentille dorée (Potentilla aurea), Raiponce hémisphérique (Phyteuma hemisphaericum), Renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis), Rhododendron ferrugineux (Rhododendron ferrugineum), Saxifrage faux bryum (Saxifraga bryoides), Saxifrage faux orpin (Saxifraga aizoides), Scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria), Séneçon blanchâtre (Jacobea incana).

Quelques espèces observées lors des 5 randonnées piémontaises

D'autres itinéraires de randonnées à la découverte de la flore sont proposés ici.

Août 2015



mardi 23 juin 2015

Mont Pourri (Vanoise)


Voie Normale du Mont Pourri, depuis le Lac de l'Etroit

     Après avoir gravi la Grande Casse, premier sommet de la Vanoise (et de la Savoie), puis la Dent Parrachée, le troisième, on pouvait difficilement faire l'impasse sur le Mont Pourri, le second. Ce sommet pourrait devoir son nom à un montagnard qui l'aurait gravi voici bien longtemps, la première ascension officielle revenant cependant à Michel Croz en 1861. En toute logique, nous avons décidé de l'aborder initialement par sa voie normale, avant d'entamer l'année suivante la traversée au départ du Dôme de la Sache. Ordinairement, l'ascension s’effectue donc depuis le refuge du Mont Pourri qu'on rejoint au départ du Rosuel situé au fond de la vallée de Peisey-Nancroix. La Voie Normale, dont la pente n’excède pas 40°, emprunte le Glacier du Geay que l’on atteint en remontant une rude moraine qui s'élève au-dessus de l’ancien refuge. Le même itinéraire peut être emprunté à la descente mais le retour peut aussi être effectué par une boucle en franchissant le Col des Roches pour redescendre ensuite par le Glacier du Grand Col. On emprunte alors, en sens inverse, le trajet "historique".

Depuis le Dôme de la Sache, la Vallaisonnay, le Monal, le Rocher Blanc, la Grande Casse

     Comme c'est souvent le cas en montagne, le programme doit être modifié en dernière minute pour des raisons diverses. Notre première ascension du Mont Pourri n'a pas dérogé à cette habitude. Les appels téléphoniques se succèdent donc en direction du refuge afin de réserver nuitée et repas du soir, en vain. Un message est laissé sur le répondeur. Départ tardif en raison des orages qui éclatent mais auxquels heureusement nous parviendrons à échapper. Arrivée au refuge sous un soleil qui réapparaît enfin, offrant une très belle lumière sur l'Aliet et le Sommet de Bellecôte. Coup d'oeil à droite, coup d'oeil à gauche : personne ! Le gardien rentre alors, un rien énervé, et nous demande ce qu'on fait là car personne n'a réservé et qu'il a plein de problèmes avec ses canalisations, sa téléphonie, ... Bref, on sent qu'on tombe mal. On lui explique calmement nos démarches et tout rentre finalement dans l'ordre. N'ayant évidemment rien prévu, il parviendra néanmoins à nous préparer un bon repas à partir de ses réserves et la soirée se terminera autour d'un Génépy. Pas belle la vie ?

Itinéraire d'ascension du Mont Pourri par la Voie Normale

Juin 2009