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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, le Beaufortain, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, le Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

lundi 30 juillet 2018

Pointe de Cerdosse, par l'arête des Cristaux (Beaufortain)

     Pour varier les plaisirs et après un trek d'alpinisme de 4 jours autour du Refuge de la Femma en Vanoise, nous décidons de gagner le Beaufortain pour une journée d'escalade. C'est dans ce secteur que nous avions, un an auparavant, gravi la Tête de la Balme qui se dresse au pied de la Pierra Menta. L'objectif sera cette fois la Pointe de Cerdosse, ou du moins son antécime qui culmine à 2426 m et à laquelle on accède par l'arête des Cristaux. Celle-ci porte bien son nom car c'est à cet endroit que Jacques Plassiard, curé de Saint-Bon de son état, grand amateur de montagne et cristallographe à ses heures, y découvrit ses premiers minéraux de quartz. La course est considérée comme difficile, avec notamment 2 longueurs au-delà de 5 et une arête finale de 200 m menant au sommet.


Pointe de Cerdosse et arête des Cristaux

     Du parking de Saint-Guérin, nous gagnons le Refuge de la Balme pour y passer la nuit. Fini le calme de la Femma car il sera bondé le soir, GR5 oblige. Départ matinal mais sans excès pour gagner le départ de la voie, non sans avoir effectué des déplacements en sens divers pour identifier la sente qui y mène, la neige recouvrant encore les sentiers en ce début d'été. Après les 2 premières longueurs, nous partirons sur la gauche là où 2 options se présentent. L'équipement de la voie s'arrête brutalement et les coinceurs nous seront alors bien utiles pour gagner le début de l'arête où la progression est plus aisée. Du sommet, nous amorçons une boucle vers le Nord pour redescendre par les alpages bien enneigés et les éboulis et regagner, à proximité du départ de la voie, le sentier menant au refuge.

Depuis le refuge, départ de la voie, Pédiculaire de Suisse, Pierra Menta, Lotier des Alpes

Juin 2018

vendredi 20 juillet 2018

Pointes de la Sana, du Châtelard, du Vallonnet et de Méan Martin (Vanoise)

     Après quelques saisons d'alpinisme mitigées, pour cause notamment de conditions météo défavorables qui nous ont conduits à annuler plusieurs sorties, le début d'été se présentait cette année sous les meilleures auspices en raison de l'enneigement exceptionnel de l'hiver précédent. Aussi, alors que nous avions un peu l'impression d'avoir tout parcouru en Vanoise, l'idée a germé d'aborder plusieurs sommets par des itinéraires sauvages à ne pratiquer qu'en début de saison lorsque la neige est encore bien présente. Le programme consistera donc à effectuer une large boucle ayant comme point de départ les abords de Tignes et en utilisant comme "camp de base" le refuge de la Femma dans le Vallon de la Rocheure. Il sera rejoint par le Nord en passant par le Glacier des Barmes de l'Ours et l'ancien glacier de la Pointe de la Sana, avant de parcourir les jours suivants les glaciers et sommets du versant Sud du vallon : Glaciers du Vallonbrun, du Géfret, du Vallonnet, des Roches Blanches et des Fours qui s'étendent sous les Pointes du Châtelard, du Vallonnet et de Méan Martin.


Refuge de la Femma sur fond de Pointe de Méan Martin

     Les 4 jours se dérouleront selon un schéma presque immuable : départ matinal pour les courses d'alpinisme, retour au refuge et repas bien mérité, petite sieste réparatrice et balade dans les alpages à la découverte de la faune (chamois, gypaète, ...) et de la flore (edelweiss, orchidées, ..). Le 1e jour, un dénivelé important (± 1500 m) nous attend en direction de la Pointe de la Sana. La difficulté est cependant limitée en raison de pentes jugées modérées. Les Pointes du Châtelard, qui constituent l'objectif de la seconde journée, représentent probablement la course la plus esthétique, sans compter le passage par des pentes soutenues tant à la montée qu'à la descente. Vient ensuite la plus grosse journée avec l'ascension de la goulotte Nord donnant accès au Glacier du Vallonnet et la large boucle qui s'ensuit pour rejoindre le refuge depuis le Grand Roc Noir. Enfin, la dernière étape plus aisée passera par la Pointe de Méan Martin avant d'emprunter le long tracé pratiquement rectiligne menant au refuge du Fond des Fours, d'où on rejoindra notre point de départ. Inoubliable ...


Grande Casse, Marmotte, Saxifrage à deux fleurs, Pulsatille printanière, Châtelard

     Un aperçu de la flore (de gauche à droite et de haut en bas) :

Vélar de Suisse (Erysimum rhaeticum), Renoncule de Küpfer (Ranunculus kuepferi), Pédiculaire du Mont Cenis (Pedicularis cenisia), Androsace de Vital (Androsace vitaliana), Azalée naine (Kalmia procumbens), Orchis grenouille (Coeloglossum viride), Scutellaire des Alpes (Scutellaria alpina), Gagée fistuleuse (Gagea fragifera), Astragale des Alpes (Astragalus alpinus subsp. alpinus), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Piloselle des glaciers (Pilosella glacialis), Aster fausse pâquerette (Bellidiastrum michelii), Astragale de Laponie (Oxytropis lapponica), Saxifrage paniculée (Saxifraga paniculata), Gentiane printanière (Gentiana verna), Saxifrage sillonnée (Saxifraga exarata), Pulsatille de printemps (Anemone vernalis), Silène acaule (Silene acaulis subsp. exscapa), Euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias), Antennaire dioique (Antennaria dioica), Primevère farineuse (Primula farinosa), Pulsatille des Alpes (Anemone alpina subsp. alpina), Bugle pyramidal (Ajuga pyramidalis), Edelweiss (Leontopodium nivale), Joubarbe à toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum), Gentiane ponctuée (Gentiana punctata), Dryade à huit pétales (Dryas octopetala), Grassette des Alpes (Pinguicula alpina), Gentiane de Koch (Gentiana acaulis), Hélianthème alpestre (Helianthemum italicum var. alpestre), Orchis vanille (Gymnadenia rhellicani subsp. rhellicani), Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium), Calament des Alpes (Clinopodium alpinum), Benoîte des montagnes (Geum montanum), Pensée des Alpes (Viola calcarata), Trèfle alpin (Trifolium alpinum).


Quelques espèces observées aux abords du Refuge de la Femma

Chronologie des 4 jours en diaporama légendé

Juin 2018

jeudi 3 mai 2018

Jesselberg (Alsace)

     Les pelouses calcaires, en raison de la nature du substrat, sont soumises à d'importantes variations thermiques et hydriques. Elles abritent de ce fait une végétation originale accompagnée d'un cortège d'animaux variés, à commencer par la faune lépidoptérique. Après de fréquentes visites des pelouses du Condroz, comme celle de la Réserve du Furfooz ou du Jura, comme celle de la Roche de Hautepierre, ce sera au tour de l'Alsace. Des collines calcaires, adossées à la montagne vosgienne, s'y étendent en effet sur une largeur moyenne de 5 km à des altitudes inférieures à 500 m. Ces calcaires ont été déposés durant l'ère tertiaire lors d'épisodes d'avancées marines d'un bras de la Méditerranée. Ainsi en est-il de la colline du Jesselberg située près de Soultz-les-bains.

Orchis pourpre (Orchis purpurea) dans les pelouses du Jesselberg

     L'itinéraire s'oriente vers le Sud-Ouest en direction du terrain de manœuvre du fort de Mutzig. Dénommé à l'origine Feste Kaiser Wilhelm II, cet ouvrage militaire fut construit à par les Allemands à la fin du XIXe siècle. Le sentier permet d'atteindre la Fontaine de Kaltebrunne, dont l'existence remonterait au XVIIe siècle, avant de pénétrer en forêt. On gagne alors sur les hauteurs le sentier qui parcourt la colline sur toute sa longueur,. Il domine les diverses parcelles de pelouses calcaires où abondent plusieurs espèces d'Orchidées, en particulier les Orchis pourpre et militaire. Avec un tracé de 6 km et un dénivelé de 150 m environ, il s'agit donc plutôt d'une balade que d'une randonnée d'envergure. Mais l'objectif est ici bien différent ...

Pelouse, Fontaine de Kaltebrunne, Orchis militaire, Holzbrunnen, Muscari négligé

Avril 2018