123Gravir/LeBlog


Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, le Beaufortain, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, le Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

lundi 22 décembre 2014

Pointe de la Vélière (Vanoise)

     Dominant la route qui relie Champagny à Champagny-le-Haut, la Pointe de la Vélière constitue un joli promontoire bien visible des versants qui lui font face, en particulier lorsqu'on emprunte l'itinéraire menant au pied de la Pointe de Méribel. Ce sommet passe néanmoins la plupart du temps inaperçu auprès des randonneurs, pressés qu'ils sont de rejoindre le Laisonnay, point de départ d'un tracé très prisé menant au Col du Palet. Pour y accéder, il convient de rejoindre le Col de la Bauche de Mio que l'on peut atteindre au départ de Champagny-le-Haut soit directement par les chalets de la Vélière, soit par un itinéraire en boucle. Celui-ci contourne alors son versant Sud par le Plan du Bouc après avoir franchi la cascade de la Chiserette par un pont suspendu. L'hiver, c'est en empruntant les remontées mécaniques du domaine de la Plagne que l'on peut y accéder en ski de randonnée.

Pointe de la Vélière, depuis les contreforts de la Pointe de Méribel

     La montée en ligne droite depuis Champagny-le-Haut peut paraître longue. A hauteur de la cascade, en dépit des panneaux signalant le danger, la traversée du torrent ne présente pas de réelle difficulté. Le cheminement vers le col offre ensuite de belles perpectives sur le hauteurs de Champagny mais aussi, dans les vallées voisines, sur les Dents de la Portetta, la Dent du Villard et les Glaciers de la Vanoise. La progression sur la crête demande un peu de vigilance par endroits, ce que n'avait visiblement pas perçu un accompagnateur laissant loin derrière lui ses clients quelque peu désemparés au passage d'un tronçon plus exposé. Mais le danger viendrait plutôt des patous qui gardent les troupeaux de moutons et dont c'était pour nous la première rencontre. Leur intervention s'est finalement limitée à une visite de proximité et quelques aboiements. Et c'est bien ainsi car les lieux offrent peu d'échappatoire ...

Septembre 2011

Quelques photos de la sortie sont proposées ici et un itinéraire détaillé .



mercredi 3 décembre 2014

Fort de Malonne (Condroz)

     Situé dans le Bois de la Vecquée qui s’étend entre la Sambre et la Meuse au Sud-Ouest de Namur, le Fort de Malonne est un des 9 éléments qui constituaient la fortification de la ville dès la fin du XIXe siècle. Sa partie centrale abritait l’artillerie principale entourée d’un fossé large de 8 mètres et profond de 6 mètres. Situé à l’opposé de la ligne de front, il ne fut pas bombardé lors de la 1e guerre mondiale, à l’inverse des autres forts qui se rendirent un à un en août 1914 après avoir causé de lourdes pertes dans les rangs des assaillants et fortement retardé leur avancée. Durant l’entre-deux-guerres, 7 de ces forts seront renforcés et réarmés. Ils subiront d’intenses bombardements, notamment par l’aviation, durant la seconde guerre mondiale et le Fort de Malonne se rendra en mai 1940 après avoir sabordé son armement. Colonisé depuis par la végétation, y compris l’Ajonc d’Europe, il constitue maintenant une réserve naturelle destinée à la protection de diverses espèces de chauves-souris.


Ajonc d'Europe, Ulex europaeus

     Il aura fallu s’y reprendre à deux fois pour effectuer cette sortie dans un secteur situé approximativement à mi-chemin entre la Noue de Mornimont et la Grande Hulle. La première tentative eut lieu durant l’été alors que nous nous efforcions vainement de profiter des rares périodes de soleil. A peine partis, un véritable déluge nous contraignit à battre en retraite sur des chemins détrempés. Quelques mois plus tard, nous remettons le couvert en profitant d’une belle journée automnale. Le tracé gagne les hauteurs de la crête boisée qui s’étire entre les 2 rivières, offrant successivement une belle vue sur chaque vallée. Le parcours, agrémenté par endroits de pentes plus accusées, emprunte majoritairement des pistes forestières. Une large boucle passant par le « Milieu du monde » conduit ainsi au fort, dont on peut faire le tour en suivant une trace exposée par endroits. Elle s’approche en effet çà et là du profond fossé ceinturant le fort et la prudence sera donc de mise durant cet éphémère retour dans le passé.

Novembre 2014

Quelques photos de la sortie sont proposées ici.

jeudi 20 novembre 2014

Bois de la Houssière (Hainaut)

     D'une superficie d'environ 650 Ha, le Bois de la Houssière tire son nom du Houx, arbuste bien connu aux feuilles persistantes et aux baies rouges. S'étendant autrefois jusqu'à la Forêt de Soignes et classé depuis 1940, ce massif forestier est maintenant intégré en grande partie en zone Natura 2000. Il abrite de nombreuses espèces (Hêtre, Chêne, Bouleau, Pin sylvestre, ...) et comprend des zones humides où croit l'Osmonde royale, une fougère protégée. Les oiseaux forestiers comme le Pic noir sont bien présents, de même que le Blaireau. Cette forêt s'est développée sur une butte de sable bruxellien déposé au fond de la mer durant l'ère tertiaire (65 à 2 millions d'années avant notre ère). A la fin du XIXe siècle, plusieurs sablières ont vu le jour pour cesser leurs activités une centaine d'années plus tard et l'une d'elles abrite actuellement une Réserve Domaniale. A l'extrémité Sud, une borne géodésique surnommée le «Bonhomme de fer» contribua à établir la carte de la Belgique par triangulation avec plusieurs dizaines d'autres points, en particulier la Butte du Lion de Waterloo et le Beffroi de Mons.


Bois de la Houssière sous des teintes automnales

     En partie privé, le site reste néanmoins accessible au public en de nombreux endroits par le biais notamment d'itinéraires balisés au départ des villages voisins. Dans le bois, un parcours santé empruntant une ancienne voie de tram s'étend sur 5 km environ et peut-être complété par 2 boucles vers le Nord et vers le Sud portant l'itinéraire à une quinzaine de km. C'est ce dernier que nous avons retenu en cette journée d'automne, commencée sous la grisaille pour se poursuivre sous une franc soleil, provoquant une explosion de couleur dans les sous-bois. Alors que la piste en revêtement dur laissait présager un parcours aménagé, le tracé se révèle en réalité très varié, alternant pistes forestières souvent détrempées et sentiers tortueux cheminant sur un relief parfois accidenté. Par endroits, le faible feuillage permettait d'apercevoir la haute tour de l'ascenseur à bateaux de RonquièresLes indications d'ouverture de chasse parfois sommaires nous ont amenés momentanément à côtoyer un groupe de chasseurs, avec le danger que cela peut représenter. Plus de peur que de mal. Ouf !

Novembre 2014

Quelques photos de la sortie sont proposées ici.

mercredi 12 novembre 2014

Lac de Bambois (Condroz)

     Dénommé le « Grand Etang » ou encore « Li Grand Vèvî » en patois local, le lac artificiel de Bambois remonte au Moyen-Age. Ce plan d’eau d’une surface de près de 40 ha est alimenté au Sud-Ouest par le ruisseau de la Belle Eau, aux eaux acides provenant de sources situées dans une zone forestière de l’Ardenne Condruzienne. Le ruisseau des Bons Enfants qui l’alimente au Nord-Est prend quant à lui sa source en terrain agricole. Dans les années ’50, le tourisme s’y est fortement développé et la halte ferroviaire de Bambois-Plage voyait débarquer une foule nombreuse. Des terrains de camping ont également vu le jour aux abords du site mais la surfréquentation et l’absence d’infrastructure adéquate a conduit une trentaine d'années plus tard à une importante pollution. Il faudra attendre les années ’90 pour voir se développer un programme de réhabilitation et de gestion durable. Le lac et les forêts sont maintenant inscrites en zone Natura 2000 et de nombreuses espèces d’oiseaux nicheuses ou migratrices y sont recensées. Son intérêt est également entomologique et botanique.


Lac de Bambois

     Du secteur aménagé pour le public, volontairement restreint et situé à l’écart des zones d’intérêt biologique, 2 itinéraires de promenade de 5 et 10 km environ parcourent les bois et les champs entourant le Lac de Bambois. Un parcours non balisé a cependant été privilégié lors de cette sortie automnale, même s’il rejoint par endroits les tracés de promenade ou accompagne temporairement le GR125. Le point de départ est situé à Bambois-Plage, sur l’ancienne ligne de chemin de fer désaffectée et maintenant intégrée au réseau de voies lentes (RAVel) praticable à pied ou à vélo. L’itinéraire chemine dans le Bois l’Abbé, ainsi nommé en raison de son appartenance à l’Abbaye bénédictine Saint-Gérard de Brogne située à quelques kilomètres au Sud-Est et fondée au Xe siècle. Au monument érigé à la mémoire de 2 officiers français décédés en 1940, il amorce un retour vers le lac qu’il rejoint par son extrémité Sud. Des chemins souvent détrempés en cette période mais une luminosité exceptionnelle et, cerise sur le gâteau, la possibilité d’observer le Héron cendré et la Grande Aigrette.


Novembre 2014

Quelques photos de la sortie sont proposées ici.

jeudi 6 novembre 2014

Vallée de la Sambre (Thudinie)

     Rivière franco-belge, la Sambre prend naissance en Picardie, pour s'écouler ensuite dans le Nord-Pas de Calais, traverser la frontière et venir se jeter dans la Meuse à Namur. Elle a vu son cours profondément modifié au fil des ans, notamment par la canalisation d'une partie croissante de son cours depuis le Moyen-Age et a subi, plus récemment, l'influence des bassins miniers qui jalonnent son parcours. En remontant un peu plus loin dans l'Histoire, au VIIe siècle, c'est dans un de ses méandres que fut construite l'Abbaye d'Aulne, un monastère de moines cisterciens. Comme les abbayes de Villers et de Clairefontaine fondées plusieurs siècles plus tard, elle fut détruite peu après la révolution française et sa bibliothèque, riche de plusieurs dizaines de milliers d'ouvrages, fut incendiée. L'église Saint-Joseph qu'elle abrite fut bâtie en 1869. Certains bâtiments sont actuellement occupés par une maison de retraite et une brasserie a vu le jour en 1998. Comme les Rochers de Freyr, mais aussi les Abbayes de Villers et Notre-Dame du Viviers, le site est inscrit au Patrimoine majeur de Wallonie.


La Sambre non loin de l'Abbaye d'Aulne

     Le temps s'annonçait radieux en ce premier week-end de novembre. Départ donc pour la Thudinie et la vallée de la Sambre, à une trentaine de km au Nord des Lacs de l'Eau d'Heure. Un bref examen de la carte permettait en effet d'envisager une jolie boucle à partir de l'Abbaye d'Aulne. Peu de monde au moment d'effectuer les premiers pas mais il en sera tout autrement au retour, les abords de l'abbaye étant très prisés des promeneurs. L'itinéraire choisi emprunte initialement le chemin de halage sur plusieurs kilomètres. Hormis quelques pêcheurs, plus nombreux aux endroits accessibles par les voitures, le parcours est réalisé dans un isolement presque total. Les écluses se succèdent avant de gagner au retour les hauteurs de la Sambre, emprunter le GR129 et effectuer un crochet par les étangs situés derrière l'abbaye. Près de 20 km d'un parcours essentiellement boisé permettront d'observer Buses variables, Hérons cendrés et Grands Cormorans sous une superbe lumière automnale, nous incitant à multiplier les visites en toutes saisons au gré d'itinéraires variés.


Belvédère, Jacinthe des bois, Abbaye d'Aulne, Bois de la Gratière, Château d'Hourpes

De Novembre 2014 à Avril 2018

lundi 3 novembre 2014

Rochers de Freyr (Condroz)

     Situés dans le Condroz, les rochers de Freyr tels le Mérinos, l’Al’Lègne et les 5 Anes s’élèvent sur la rive droite de la Meuse au Sud de Dinant. Dans un pays souvent qualifié de plat, ils représentent l'un des massifs rocheux les plus attractifs. A l’instar du site de Marche-les-Dames situé plus au Nord, ces rochers constituent en effet un lieu très fréquenté par les adeptes de l'escalade. Plus de 600 voies de tous niveaux y ont été ouvertes au cours du temps, depuis la première remontant à 1930. Le site présente également un attrait du point de vue géologique, notamment par la présence de plissements calcaires remontant au Carbonifère (± 300 millions d’années), comme le Synclinal de Freyr. La flore n’est pas en reste avec, outre la végétation habituelle des sous-bois de feuillus comme l’Anémone des bois, le Sceau de Salomon et le Gouet tacheté, de nombreuses espèces colonisant les pelouses comme l’Orpin des rochers, la Laitue vivace ou encore le Sisymbre d’Autriche. Il n'est dès lors pas étonnant qu’une partie du site soit située en zone Natura 2000.

Château et Rochers de Freyr de part et d'autre de la Meuse

     Au départ du Refuge Duchesne crée en 1958 par les membres du Club Alpin Belge, un parcours en boucle de plus de 10 km permet de rejoindre en contrebas les bords de Meuse, offrant une belle vue sur le Château de Freyr situé sur l’autre rive. Sa partie la plus ancienne date du XVIe siècle, reliquat d’un château-fort remontant au XIVe siècle. Ses jardins « à la française » furent quant à eux dessinés au XVIIIe siècle. Comme les rochers auxquels il fait face, le château est inscrit au Patrimoine majeur de Wallonie. Plus au Nord en longeant la Meuse, on gagne le Prieuré d’Anseremme qui fut construit sur les terres que possèdait l’Abbaye de Saint-Hubert depuis le IXe siècle. Ensuite, un large crochet le long de la Lesse, un affluent de la Meuse, permet de rejoindre par le plateau le Ravin du Colébi et la Noue du même nom. Bien que d’une étendue plus modeste, cette zone humide n’est pas sans rappeler celle de Mornimont située en Hesbaye. Au final, de petites routes de campagne et des sentiers escarpés pour une belle découverte automnale de diverses richesses naturelles et patrimoniales.

Mérinos et Tête du Lion, Château de Freyr, plateau, Noue du Colébi, Prieuré d'Anseremme

Novembre 2014

mercredi 15 octobre 2014

Vallée de la Molignée (Condroz)

     Affluent de la Meuse, la Molignée s'écoule paisiblement d'Ouest en Est pour se jeter dans le fleuve une dizaine de kilomètres au Nord de Dinant. Nichée dans le Condroz, la vallée boisée qui l'abrite se situe pratiquement à égale distance de la Grande Hulle et de la vallée de l'Hermeton parcourues précédemment. Elle est riche d'un patrimoine historique et architectural qui en font un lieu touristique recherché. C'est notamment le cas des ruines du Château de Montaigle datant du XIIIe siècle et surtout de l'Abbaye de Maredsous, bien connue pour ses produits de terroir. Beaucoup plus récente que les abbayes de Villers et de Notre-Dame du Vivier, sa construction débuta en 1872. Et comme l'Abbaye de Maredret toute proche, elle relève de l'Ordre de Saint-Benoît qui remonte au VIe siècle.


Le Flavion, affluent de la Molignée

     Quoi de mieux qu'une journée automnale pour visiter le secteur par les sentiers balisés aux abords de l'abbaye ? Ou en optant pour un parcours en boucle au départ du Château de Montaigle en suivant un itinéraire empruntant les bois et les champs ? Il faudra alors composer avec les sentiers privés et, en cette saison de chasse, avec ceux temporairement interdits pour d'évidentes raisons de sécurité. Au petit matin, les ruines du château parvenaient à grand peine à percer la brume. Au vol d'Oies sauvages s'ajouteront notamment le Héron cendré et la Buse variable ainsi que quelques fleurs encore bien présentes comme l'Origan, la Linaire commune et la Molène Noire. Le secteur sera ensuite parcouru à diverses reprises, en toutes saisons et en empruntant des itinéraires variés.


Château de Montaigle, Abbaye de Maredsous, panorama, Abbaye de Maredret, Héron cendré

Entre Octobre 2014 et Juin 2017

mardi 30 septembre 2014

Lacs de l'Eau d'Heure (Fagne-Famenne)

     Situé en Fagne-Famenne, au Sud du Condroz, le site de l'Eau d'Heure s'étend sur près de 2.000 ha dont plus de 600 pour les 5 lacs qu'il abrite et qui ont pour noms Falemprise, Ry Jaune, Eau d'Heure, Féronval et Plate Taille. Entamée au début des années 1970, la construction des barrages de l'Eau d'Heure avait notamment pour objectif de soutenir le débit d'étiage de la Sambre et de la Meuse. La rivière présentant un débit insuffisant pour permettre le remplissage naturel du Lac de la Plate Taille, le plus étendu, une centrale hydro-électrique a été associée à son barrage qui avoisine les 800 m : durant la nuit, elle pompe l'eau à partir de la retenue d'eau située en aval alors que, durant la journée, lorsque la demande en courant s'accroit, l'eau est relâchée afin de produire de l'électricité. Ce lac couvre plus de la moitié de la superficie du site et permet la pratique de nombreuses activités nautiques comme la voile, la plongée sous-marine et le kayak. Il est donc très prisé des touristes.


Lac de l'Eau d'Heure sur fond de tour panoramique

     Outre les sports nautiques, les abords des plans d'eau permettent de s'adonner à bien d'autres activités, notamment le vélo et la randonnée, Ainsi, par exemple, le tour des divers lacs peut être effectué en empruntant les parcours aménagés qui les longent sur quelques dizaines de kilomètres. Mais le site est également entouré de nombreuses zones forestières et il est donc possible de quitter ces itinéraires balisés pour emprunter des tracés plus sauvages. Quoi de mieux dès lors que de belles journées automnales pour s'y rendre ? Le choix se portera sur le lac de l'Eau d'Heure et du paisible Ry jaune, dédié exclusivement à la pêche, qui s'étendent en contrebas du Lac de la Plate TailleEn quelques heures, il est ainsi possible de parcourir les bois Génestia, des Maréchaux, des Brûlés, du Trou des Renards et des Violettes par des pistes forestières, des sentiers plus étroits et des routes de campagne. Ils ne sont pas sans rappeler les forêts ceinturant l'Abbaye de Villers, hormis la proximité des lacs. A voir, sans aucun doute ...


Bois des Maréchaux, Eau d'Heure, Ry Jaune, Bois du Trou des Renards, Plate Taille

Septembre 2014 & Octobre 2018

jeudi 11 septembre 2014

Réserve de l'Escaille (Hesbaye namuroise)

     La Réserve de l'Escaille se situe en Hesbaye namuroise sur l'Orneau, un petit affluent de la Sambre. Elle correspond à une ancienne carrière de schistes ardoisiers - ce qui explique son nom, escaille signifiant ardoise en patois local - perdue dans une vaste zone dédiée à l'agriculture intensive. Le site a subi au cours du temps de multiples pressions d'origine anthropique. A l'heure actuelle, il s'étend sur un peu moins de 6 ha et comprend un plan d'eau principal ayant servi 50 ans auparavant de décanteur de sucrerie, ainsi que de petites zones humides dans lesquelles on retrouve les ruines d'un moulin. L'intérêt est principalement ornithologique car on y recense de nombreuses espèces d'oiseaux, y compris des espèces migratrices. Un poste d'observation a d'ailleurs été aménagé en bordure de l'étang principal.


L'Orneau dans la Réserve de l'Escaille

     Un large sentier permet de faire rapidement le tour du site mais sans pour autant en offrir de belles perspectives. Pour mieux le découvrir, il faudra pénétrer à l'intérieur de la réserve en empruntant les petits chemins qui parcourent les zones humides ou conduisent au bord de l'étang principal. Outre les espèces aviaires comme le Grèbe huppé, le Foulque macroule, le Pic épeiche et la Buse variable, on pourra alors observer de nombreuses plantes typiques des lieux humides comme la Salicaire (Lythrum salicaria), le Lycope (Lycopus europaeus), le Roseau (Phragmites australis), la Massette à larges feuilles (Typha latifolia) ou encore l'Epilobe à grandes fleurs (Epilobium hirsutum). Attention cependant car la terre humide est souvent grasse et glissante sur le parcours que l'on est autorisé à emprunter.

Août 2014

Quelques photos supplémentaires sont proposées ici.

dimanche 7 septembre 2014

Lac et Pointe d'Arvouin (Chablais)

     La météo nous a rarement été des plus favorables lors des quelques séjours effectués été comme hiver dans le Chablais. Et c'est un euphémisme car, hormis l'ascension du Mont-Blanc qui fut interrompue à 200 m du sommet, jamais auparavant nous n'avions dû rebrousser chemin en raison de conditions atmosphériques exécrables, même sous les orages aux lacs du Mont Coua en Vanoise ou ceux de la Tempête dans le Beaufortain. Quelques belles sorties ont néanmoins pu être effectuées sous le soleil comme ce fut le cas au Roc de Tavaneuse et au Lac des Plagnes. En revanche, le Mont Linla fut gravi sous un ciel souvent chargé de nuages et il en fut de même pour la Pointe d'Arvouin où la grisaille fut omniprésente. Cette randonnée en boucle, qui s'étend de part et d'autre de la frontière franco-suisse, ne manquait cependant pas d'attrait en raison d'une flore bien présente, même en fin de saison. Et que dire des bouquetins qui, presqu'en file indienne, rejoignaient le lac en fin de journée ...


Lac et Pointe d'Arvouin lors de l'ascension du Mont Linla

     L'itinéraire emprunte tantôt des sentiers balisés sur le versant français, tantôt un tracé hors-sentier de l'autre côté de la frontière. Il longe le Lac d'Arvouin puis effectue le tour de la Pointe du même nom, également dénommée Sex du Coeur. Après avoir contourné le lac par la droite, on gagne le Col du Serpentin avant de redescendre brièvement de l'autre côté pour rejoindre le Col de Verne. On amorce alors la descente dans les alpages suisses pour rejoindre la piste menant aux étables du Coeur. On la quitte ensuite vers la droite pour remonter au mieux dans les pentes herbeuses et atteindre le Pertuis de Savalenne, d'où on poursuit en direction du col du même nom. Le sentier qui part alors vers le Nord permet d'atteindre d'un côté une croix et de l'autre le sommet où l'usage des mains est absolument requis pour se faufiler entre les rochers. On redescend ensuite vers les chalets d'Arvouin, d'où on rejoint le lac puis le point de départ après 6h environ et un peu plus de 1000 de dénivelé.

Août 2014

Quelques photos de la flore sont proposées ici et itinéraire détaillé de la sortie .



jeudi 4 septembre 2014

Mont Linla ou Linleu (Chablais)

     Après une belle sortie sous le soleil au Roc de Tavaneuse et au Lac des Plagnes, les jours suivants s'annonçaient quelque peu maussades contrairement aux prévisions météorologiques. Rien de neuf finalement en ce mois d'août décidément bien médiocre. De plus, les pluies de la nuit ne nous incitaient pas à gravir les Cornettes de Bise par l'itinéraire initialement prévu. Aussi, avons-nous modifié le programme et opté pour un itinéraire a priori moins risqué même si la suite nous démontrera que rien n'est jamais simple. L'objectif était le Mont Linla juché sur la frontière suisse. L'itinéraire classique consiste en un trajet aller-retour à effectuer au départ du Sevan en empruntant un tracé évident, au dénivelé dépassant de peu les 500 m et ne présentant pas de réelle difficulté. Le choix s'est donc porté sur un itinéraire en boucle sortant en partie des sentiers balisés.


Col de Sevan et Mont Linla, depuis la Braitaz

     Pour atteindre le sommet, après s'être orienté vers le Lac d'Arvouin en empruntant une large piste, on remonte à droite directement dans les alpages en direction du Col de Sevan situé 200 m plus haut. La progression fut rendue délicate en raison de la pente accusée conjuguée à l'humidité qui imprégnait les herbes hautes et rendait la terre bien grasse. Le moindre faux pas était donc interdit sous peine d'effectuer une longue glissade à l'issue plus qu'incertaine. Du col, l'itinéraire devient ensuite évident jusqu'au sommet. La brume bien présente sur le versant suisse plongeait la crête dans une ambiance austère. Le retour s'effectue alors par le tracé normal d'ascension, en profitant au passage pour monter vers l'Aiguille de Braitaz par une sente à nouveau délicate. La flore et la faune étaient au rendez-vous durant les 5 h environ que dura cette sortie.

Août 2014

Un itinéraire détaillé de la sortie est proposé ici.



mardi 2 septembre 2014

Lac des Plagnes (Chablais)

     D'origine glaciaire, le Lac des Plagnes et le Lac de Cubourré se sont formés il y a environ 20.000 ans avant notre ère lorsque les glaciers se sont retirés du Chablais. La végétation s'est progressivement installée en bordure des plans d'eau à partir de -15.000 ans. L'accumulation de sédiments apportés par les eaux de ruissellement et le développement de tourbe ont conduit à leur comblement quelques 10.000 ans plus tard. Le Lac des Plagnes dans sa configuration actuelle correspond à un plan d'eau aménagé voici un peu plus de 35 ans sur le site originel du lac. D'une surface de 4 ha environ et situé à près de 1200 m d'altitude, il est destiné à la pêche, notamment celle de la truite par la technique de la mouche.


Lac des Plagnes

     Au retour du Roc de Tavaneuse, il restait un peu de temps avant la tombée du soir. L'envie nous a donc pris de profiter des dernières lueurs pour nous rendre au Lac des Plagnes tout proche et aisément accessible en voiture. L'endroit est forcément très prisé pour les balades familiales car un large chemin permet d'en faire le tour en moins d'une heure. Mais rien n'empêche cependant d'emprunter par endroits un étroit sentier qui longe le lac parfois au plus près, dans un enchevêtrement de racines et par quelques passages rocheux, dont un équipé d'une chaîne. D'autant plus qu'en fin de journée, le site se vide progressivement de ses nombreux visiteurs pour retrouver toute la sérénité qui sied à un lac de montagne.

Août 2014

jeudi 28 août 2014

Roc de Tavaneuse (Chablais)

     Pour diverses raisons, la saison d'été fut quelque peu sacrifiée cette année. Aussi faillait-il trouver un massif de moyenne montagne propice à la randonnée mais situé à une distance relativement modeste. Le choix s'est finalement porté sur le Chablais, déjà visité l'hiver lors de sorties "raquettes" qui nous avaient menés au Bord et aux Chalets de l'Etrye. Direction donc La Chapelle d'Abondance pour quelques sorties organisées à la hâte. La météo prévoyait un créneau de 3 jours de beau temps, la suite nous démontrera qu'il n'en était rien, ou presque. En effet, après une première journée marquée par un franc soleil, la grisaille fut omniprésente lors d'une escapade franco-suisse et la brume s'est montrée en partie envahissante en fin de séjour. Qu'à cela ne tienne, vastes panoramas, flore abondante et bouquetins à gogo ont agrémenté chaque itinéraire, faisant vite oublier les aléas climatiques.


Croix sommitale au Roc de Tavaneuse

     Après quelques hésitations concernant le premier objectif à atteindre, c'est en définitive la traversée du Roc de Tavaneuse qui fut retenue en guise de mise en jambes. Le tracé en boucle nous a ainsi conduit successivement au lac, puis au col et enfin au sommet par des sentiers étroits, pentus et glissants par endroits. Le panorama s'ouvre largement à partir du Col de Tavaneuse car, outre les principaux sommets du Chablais (Dent d'Oche, Cornettes de Bise et Mont de Grange), la vue s'étend par delà la frontière et jusqu'au massif du Mont-Blanc. Un vent soutenu s'est levé au sommet et nous a accompagné durant une bonne partie de la descente, balayant avec force les vastes étendues d'Adénostyles à feuilles d'Alliaire et, plus surprenant, de Grandes Astrances. Retour par les alpages où paissent des abondances accompagnées de quelques chèvres, pour regagner le point de départ après 5-6h et 1000 m de dénivelé environ.


Chalets et Lac de Tavaneuse, Mont-Blanc, au Passage de Savolaire, Chalets de Serranants

     Un aperçu de la flore (de gauche à droite et de haut en bas) :

Gentiane asclépiade (Gentiana asclepiadea), Grande Astrance (Astrantia major), Aster des Alpes (Aster alpinus), Doronic à grandes fleurs (Doronicum grandiflorum), Pédiculaire verticillée (Pedicularis verticillata), Rhinanthe des glaciers (Rhinanthus glacialis),  Gentiane champêtre (Gentianella campestris subsp. campestris), Aconit tue-loup (Aconitum lycoctonum subsp. vulparia), Gentiane pourpre (Gentiana purpurea), Adénostyle à feuilles d'Alliaire (Adenostyles alliariae), Trèfle bai (Trifolium badium), Centaurée uniflore (Centaurea uniflora), Gaillet à feuilles inégales (Galium anisophyllon), Linaire des Alpes (Linaria alpina), Séneçon de Fuchs (Senecio ovatus), Parnassie des marais (Parnassia palustris), Silène acaule (Silene acaulis subsp. exscapa), Cirse très épineux (Cirsium spinosissimum), Silène commun (Silene vulgaris subsp. vulgaris), Epilobe en épi (Epilobium angustifolium), Campanule rhomboïdale (Campanula rhomboidalis), Crépis des Pyrénées (Crepis pyrenaica), Vesce des bois (Vicia sylvatica), Raiponce à feuille de bétoine (Phyteuma betonicifolium), Anthyllide vulnéraire (Anthyllis vulneraria), Gentiane des neiges (Gentiana nivalis), Carline caulescente (Carlina acaulis subsp. caulescens), Millepertuis taché (Hypericum maculatum subsp. maculatum), Laitue de Plumier (Lactuca plumieri), Euphraise officinale (Euphrasia officinalis), Serpolet (Thymus serpyllum), Laitue des Alpes (Cicerbita alpina), Epervière velue (Hieracium villosum), Géranium des forêts (Geranium sylvaticum), Gnaphale de Norvège (Omalotheca norvegica) Liondent hispide (Leontodon hispidus).


Quelques espèces observées dans les alpages de Tavaneuse




Un itinéraire détaillé est proposé ici.

Août 2014