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Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, le Beaufortain, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, le Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

vendredi 18 mars 2016

Parc et Réserve Naturelle de Furfooz (Condroz)

      Le massif de Furfooz présente de multiples intérêts qui font le bonheur des amateurs de géologie et d’histoire mais aussi de faune et de flore. Il se caractérise en effet par l’existence de nombreuses grottes creusées au fil du temps par la Lesse et qui ont abrité les populations de la préhistoire il y a près de 15.000 ans. Leur exploration a mis au jour de nombreux objets et ossements remontant au Paléolithique et au Néolithique. Les vestiges romains de la forteresse d’Hauterecenne et de thermes remontent quant à eux aux IIIème et IVème siècles. Le site occupe un méandre de la rivière et se présente comme un vaste plateau coupé en son centre par le Ri des Vaux, un petit ruisseau souvent asséché. Par sa disposition et son orientation, il offre des biotopes variés à dominante calcicole et qui comprennent en particulier des zones boisées et des pelouses ainsi que des éboulis et des rochers où se développent une flore supportant de fortes conditions de chaleur et de sécheresse. On peut également y observer des espèces emblématiques comme le Faucon pèlerin ou le Demi-deuil.


Rochers calcaires dominant la Lesse

     Le Parc de Furfooz est facilement accessible en voiture mais la région est belle et ce serait dommage de ne pas en profiter pleinement. Nous y étions passé rapidement lors d'une précédente sortie dont l'objectif était les Aiguilles de Chaleux. Nous avons donc remis le couvert mais en procédant cette fois en ordre inverse puisque l'itinéraire nous a conduit à Furfooz en passant par les Aiguilles. Le point de départ fut Walzin et son superbe château perché sur un promontoire dominant la Lesse. Construit au XIe siècle, il assurait la défense de l'accès Sud de la ville de Dinant, le passage obligé en venant de France étant alors le gué situé en contrebas. L'édifice a fait l'objet de nombreux sièges et destructions au cours des siècles, notamment lors de la révolution française durant laquelle furent détruites les archives. Propriété privée, il a ensuite fait l'objet d'importantes restaurations. L'itinéraire longe initialement la rivière avant de gagner les hauteurs pour rejoindre les Aiguilles de Chaleux. Il redescend ensuite vers la Lesse qu'il longe à nouveau pour nous mener au Parc de Furfooz.


Thermes romains, Trou du Grand Duc, Faucon pèlerin, pâturage ovin, Demi-deuil

Un aperçu de la flore (de gauche à droite et de haut en bas) :

Hélianthème à feuilles arrondies (Helianthemum nummularium), Ail à tête ronde (Allium sphaerocephalon), Laitue vivace (Lactuca perennis), Arabette hérissée (Arabis hirsuta), Origan (Origanum vulgare), Platanthère verdâtre (Platanthera chlorantha), Campanule gantelée (Campanula trachelium), Marguerite (Leucanthemum vulgare), Genêt des teinturiers (Genista tinctoria), Ophrys abeille (Ophrys apifera), Néottie nid-d'oiseau (Neottia nidus-avis), Anémone fausse renoncule (Anemone ranunculoides), Daphné bois-gentil (Daphne mezereum), Libanotis (Libanotis pyrenaica), Pimprenelle (Sanguisorba minor), Orpin âcre (Sedum acre), Campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia), Raiponce en épi (Phyteuma spicatum), Lunetière lisse (Biscutella laevigata subsp. varia), Calament acinos (Clinopodium acinos), Dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria), Cornouiller mâle (Cornus mas), Orchis pyramidal (Anacamptis pyramidalis), Silène penché (Silene nutans), Arabette de Borbas (Arabidopsis arenosa subsp. borbasii), Sceau de Salomon odorant (Polygonatum odoratum), Lunaire vivace (Lunaria rediviva), Cardamine à bulbilles (Cardamine bulbifera), Piloselle (Pilosella officinarum), Orchis mâle (Orchis mascula), Phalangère à fleurs de lis (Anthericum liliago), Scabieuse colombaire (Scabiosa columbaria), Hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa), Céphalanthère de Damas (Cephalanthera damasonium), Globulaire allongée (Globularia bisnagarica) & Viorne mancienne (Viburnum lantana).


Quelques espèces observées dans le Parc et la Réserve de Furfooz

Mars 2016



mardi 8 mars 2016

Rochers de Néviau (Condroz)

      Situés en rive droite de la Meuse au Sud de Namur, les Rochers de Néviau (ou de Dave) consistent en une succession de falaises rocheuses d'une hauteur atteignant 70 mètres. Au même titre que les Aiguilles de Chaleux, les Rochers de Marche-les-Dames ou ceux de Freyr, ils représentent depuis de nombreuses années un site prisé des amateurs d'escalade. En effet, plus de 150 voies de difficultés variées (2 à 7c) y sont recensées. Constituées principalement de dolomite, ces roches sédimentaires de carbonate de calcium et de magnésium remontent à 350 Ma environ. Outre des fougères comme la Capillaire des murailles (Asplenium trichomanes), la flore y est représentée par des espèces déjà rencontrées sur plusieurs autres sites ainsi qu'au Parc Naturel de Furfooz. Ainsi en est-il de l’Ail à tête ronde, du Sysymbre d'Autriche ou encore de la Laitue vivace, des plantes protégées en Région Wallonne.

Vallée de la Meuse, depuis le sommet des Rochers de Néviau

     Deux petites visites furent effectuées l'hiver pour identifier les chemins susceptibles d’être empruntés. Comme en maints endroits, diverses parties boisées sont en effet privées et la marge de manœuvre s'en trouve limitée. Une jolie boucle est cependant possible, qui nous emmène vers le Sud-Est, sur les hauteurs. Là se dressent les ruines d'un des 9 forts ayant fait partie, au même titre que celui de Malonne, de la Position fortifiée de Namur établie à la fin du XIXe siècle. Il s’agit toujours d’un domaine militaire, à l’abandon certes, mais qui reste donc interdit d’accès. On gagne ensuite les bords de Meuse face à la Réserve Naturelle Domaniale de l’Ile de Dave, une des rares îles de la Meuse a n’avoir pas été profondément modifiée par des aménagements. Enfin, on remonte en forêt pour rejoindre le sommet des Rochers de Néviau, d’où on jouit d’une très belle vue sur ce secteur de la vallée mosane.

Février 2016