123Gravir/LeBlog


Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

dimanche 20 août 2017

Col de la Vanoise (Vanoise)

    Le Col de la Vanoise est situé sur la "Route du sel", un itinéraire qui fut longtemps emprunté par les muletiers pour transporter ce précieux conservateur alimentaire, des Salines de Moûtiers vers la Maurienne et le Piémont. Actuellement et à l'instar du Col de Chavière, il demeure pour de nombreux randonneurs un point de passage entre Tarentaise et Maurienne. L'endroit est d'autant plus prisé qu'il se situe au pied de la Grande Casse, point culminant de la Vanoise. Notre premier passage associé à une nuitée dans le refuge historique remonte à bien longtemps. Plus tard, ils se sont succédé à intervalles réguliers au départ ou à l'arrivée de courses de montagne : Point du Dard, Mont Pelve, Aiguille de la Vanoise, Grande Glière, Pointe du Creux Noir et, bien sûr, Grande Casse. Le dernier en date correspond à notre ascension de ce sommet par le Couloir Messimy. Le nouveau refuge venait à peine d'ouvrir ses portes.


Grande Casse depuis le Col de la Vanoise

     Au départ de Pralognan et à moins d'emprunter les remontées mécaniques, la manière la plus simple de rejoindre le Col de la Vanoise et son refuge durant l'été est de partir des Fontanettes. Le GR55 passe alors à proximité du refuge des Barmettes, traverse le Lac des Vaches par un passage à gué, contourne l'Aiguille de la Vanoise, pour finalement longer le Lac long avec la Pointe de la Réchasse en toile de fond. Le retour s'effectue souvent en empruntant cet itinéraire en sens inverse mais il est possible de réaliser un parcours en boucle. Pour cela, il convient de poursuivre au-delà du refuge en direction du Lac (asséché) des Assiettes. Le sentier devient cependant moins aisé avant de rejoindre la piste menant aux Fontanettes. Et si vous souhaitez ajouter un peu de dénivelé, il suffira de remonter vers le Moriond à hauteur des chalets de l'Arcelin pour basculer ensuite vers le GR55 emprunté à la montée. Il y en a donc pour tous les goûts ...


Un aperçu de la flore

De gauche à droite et de haut en bas :


Raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculaire), Hélianthème à grandes fleurs (Helianthemum grandiflorum), Campanule du Mont Cenis (Campanula cenisia), Seneçon doronic (Senecio doronicum), Arabette à feuilles de pâquerette (Arabis soyeri subsp. subcoriacea), Biscutelle commune (Biscutella laevigata), Primevère farineuse (Primula farinosa), Saxifrage sillonnée (Saxifraga exarata), Globulaire à feuilles en coeur (Globularia cordifolia), Anémone des Alpes (Anemone alpina subsp. alpina), Crépide orangée (Crepis aurea), Silène acaule (Silene acaulis subsp. exscapa), Gentiane de Koch (Gentiana acaulis), Cirse très épineux (Cirsium spinosissimum), Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina), Orchis vanille (Gymnadenia rhellicani subsp. rhellicani), Doronic à grandes fleurs (Doronicum grandiflorum), Orchis de mai (Dactylorhiza majalis), Gentiane de Bavière (Gentiana bavarica), Drave faux aïzoon (Draba aizoides), Campanule barbue (Campanula barbata), Arnica (Arnica montana), Anémone de printemps (Anemone vernalis), Saxifrage à feuilles opposées (Saxifraga oppositifolia), Renoncule des montagnes (Ranunculus montanus), Véronique sans feuilles (Veronica aphylla), Bistorte (Bistorta officinalis), Aster des Alpes (Aster alpinus), Saxifrage fausse androsace (Saxifraga androsacea), Liondent hispide (Leontodon hispidus), Armérie des Alpes (Armeria alpina), Myosotis des Alpes (Myosotis alpestris), Epervière velue (Hieracium villosum), Renouée vivipare (Polygonum viviparum), Lychnis des Alpes (Viscaria alpina), Saxifrage étoilée (Saxifraga stellaris).

Juin 2014

samedi 19 août 2017

Cirque et Col du Génépy (Vanoise)

    Le Cirque du Génépy se situe au fond du Vallon de Chavière, pratiquement à égale distance du col du même nom permettant de gagner la Maurienne et du hameau des Prioux. Il est dominé, au nord par le Roc du Blanchon, à l'Est par les Dômes et le Glacier du Génépy et, au Sud par le Col du Génépy, lequel se prolonge par la Crête de l'Argentine. Bien visible du GR55 que l'on emprunte pour rejoindre le refuge de Péclet-Polset, on y accède facilement l'été depuis les Prioux en passant par les chalets de Montaimont au prix d'un denivelé de 600 m environ. Pour accéder au col, il faut ajouter plus de 500 m de dénivelé en empruntant une crête morainique à la pente soutenue par endroits et progresser ensuite parmi les éboulis. L'hiver, rejoindre le cirque s'avère plus exigeant puisque la route d'accès au départ de Pralognan est fermée. De plus, le secteur est réputé avalancheux et la plus grande prudence est donc de mise.


Cirque, Dômes, Glacier et Col du Génépy

     A l'écart du GR55, le Cirque du Génépy est un endroit bien plus sauvage que la large piste empruntée par les très nombreux randonneurs se rendant au Lac Blanc. Nous l'avons parcouru à plusieurs reprises lors de randonnées estivales et hivernales, de même qu'au retour d'un trek d'alpinisme qui nous avait mené en 3 jours de Tarentaise en Maurienne. Du cirque, on rejoint le Col du Génépy en poursuivant sur le sentier qui se dirige vers l'Alpage du Ritort en contournant la Pointe Ariande. On le quitte cependant très vite pour remonter plein Sud en droite ligne dans les courbes de niveau. Une fois atteint le col, on redescend brièvement sur l'autre versant pour rejoindre en contrebas un petit lac sans nom, d’où on jouit d’une belle vue sur le Glacier de Gébroulaz, le Dôme de Polset et l’Aiguille de Péclet. C'est dans les alpages sous ce col que l'occasion nous a été donnée d'apercevoir une harde de chamois au retour de la Pointe de l'Observatoire.


Un aperçu de la flore

De gauche à droite et de haut en bas :


Joubarbe à toile d'araignée (Sempervivum arachnoideum), Campanule à feuilles de cochléaire (Campanula cochleariifolia), Saxifrage étoilée (Saxifraga stellaris), Linaire des Alpes (Linaria alpina), Solidage alpestre (Solidago virgaurea subsp. alpestris), Epiaire hérissée (Stachys pradica), Saxifrage faux orpin (Saxifraga aizoides), Petite Astrance (Astrantia minor), Myosotis des Alpes (Myosotis alpestris), Piloselle des glaciers (Hieracium glaciale), Pédiculaire du Mont Cenis (Pedicularis cenisia), Séneçon blanchâtre (Senecio incanus), Antennaire dioique (Antennaria dioica), Colchique des Alpes (Colchicum alpinum), Aconit paniculé (Aconitum variegatum subsp. paniculatum), Orchis alpestre (Dactylorhiza alpestris), Saule réticulé (Salix reticulata), Armérie des Alpes (Armeria alpina), Bistorte (Bistorta officinalis), Gentiane jaune (Gentiana lutea), Géranium des forêts (Geranium sylvaticum), Epilobe en épi (Epilobium angustifolium), Campanule barbue (Campanula barbata), Primevère hirsute (Primula hirsuta), Céraiste des champs (Cerastium arvense), Pédiculaire verticillée (Pedicularis verticillata), Biscutelle commune (Biscutella laevigata), Crépide orangée (Crepis aurea), Centaurée uniflore (Centaurea uniflora), Pseudorchis blanc (Pseudorchis albida), Arabette des Alpes (Arabis alpina), Sainfoin montagnard (Onobrychis viciifolia subsp. montana), Véronique des Alpes (Veronica alpina), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Benoîte des montagnes (Geum montanum) & Raiponce hémisphérique (Phyteuma hemisphaericum).

Août 2010

samedi 12 août 2017

Col et Pointe des Fours (Vanoise)

    A l'Est des glaciers de la Vanoise, non loin du Col de l'Iseran, la Pointe des Fours domine le col, le vallon et le refuge du même nom. Elle se dresse parmi plusieurs sommets qui, bien qu'avoisinant les 3000 m, sont relativement faciles d'accès. Ainsi, elle peut être gravie sans trop d'effort au départ du Manchet, au Sud de Val d'Isère. Et si l'on souhaite réduire davantage la difficulté, l'ascension peut débuter au Pont de la Neige, entre le Col de l'Iseran et Bonneval-sur-Arc, le dénivelé ne dépassant pas les 550 m. Le tracé offre alors, dès le départ, une très belle perspective sur les sommets de Haute Maurienne qui ne nous sont pas totalement inconnus. En partant du hameau de l'Ecot située un peu plus au Sud, nous avons en effet eu l'occasion de gravir successivement les Pointe Francesetti, Grande Ciamarella et Albaron lors d'un mémorable périple de 3 jours.


Lac du Grand Fond depuis le Col des Fours

     Du petit parking situé en bord de route, on emprunte le sentier qui se dirige vers le Sud et traverse le ruisseau des Illards. On s'engage alors dans le vallon en direction de 2 lacs, reliques des anciens glaciers de la Jave et du Fond. On contourne le 1e par la gauche pour remonter vers un replat, d'où on aperçoit le 2e lac en contrebas. La montée se poursuit à flanc en direction du Col des Fours, d'où on gagne la Pointe des Fours par une sente bien marquée. Au retour, nous profiterons de la neige encore bien présente pour descendre plus directement vers l'itinéraire emprunté à la montée. Et les zones dépourvues de neige nous offrirons l'occasion d'observer quelques belles espèces florales, comme la Pétrocalle des Pyrénées et le Cresson de chamois. Qui dit 3000 d'apparence facile dit souvent forte fréquentation mais nous n'étions heureusement qu'en début de saison ...

Juillet 2017

mercredi 9 août 2017

Crêt du Rey (Beaufortain)

    Le massif du Beaufortain a ceci de particulier qu'il comporte des nombreux alpages en pente douce et se prête donc à merveille, moyennant les précautions d'usage, au vagabondage en dehors des itinéraires établis. Nous en avions fait l'expérience précédemment en montant au Mont Rosset et la Roche de Corne Noire. Retour cette fois sous la Crête du Faillé afin de prolonger, en direction du Crêt du Rey, l'itinéraire emprunté précédemment. Il s'agira donc d'élargir la boucle initiale pour gravir ce sommet qui fait face à la Pointe de la Portette, par-delà le torrent du Cormet d'Arêches. Pour y parvenir, le départ à souvent lieu au Refuge de la Coire mais il est également possible d'entamer l'ascension à Plan Pichu, voire à Pré Jeune, ce qui fait osciller le dénivelé respectivement entre 500 et 900 m. Selon l'itinéraire choisi, le parcours empruntera la variante du GRP - Tour du Beaufortain sur une distance plus ou moins longue.


Crête de la Raisse sur fond de Crêt du Rey

     Comme lors de notre précédent passage dans le secteur, la traversée de Granier était entravée par des travaux de voirie. Il a donc fallu se faufiler par les pistes forestières où un véhicule 4x4 n'aurait pas été inutile. En avançant parfois à pas d'homme, nous arrivons finalement à bon port. Départ sous un franc soleil pour gagner le Lac de la Gouille. La progression se poursuit dans les alpages par une trace qui faiblit petit à petit pour finalement disparaître complètement. A vue, par une pente herbeuse devenue brusquement soutenue, nous gagnons le ressaut final que l'on franchit pour atteindre le sommet. Un vaste panorama s'étend alors du Mont-Blanc aux principaux sommets de la Vanoise en passant par ceux du Beaufortain et les Alpes Grées. Le retour s'effectue à nouveau par les alpages en direction de la Crête du Faillé pour gagner la Chapelle St-Guérin et le sentier botanique riche en espèces diverses.

Juillet 2017

lundi 31 juillet 2017

Roc du Vent (Beaufortain)

    Le Rocher du Vent est un joli promontoire rocheux qui domine le Lac de Roselend, près duquel nous passons de temps à autre lorsque nous nous rendons du massif du Mont-Blanc au Parc de la Vanoise et inversement. Au prix d'un modeste dénivelé de 550 m environ, on y accède par un sentier qui débute à proximité du refuge du Plan de la Lai situé le long de la route reliant au Sud le Cormet de Roselend au lac du même nom. On peut également entamer la montée depuis les abords du Lac de la Gittaz situé au Nord-Ouest à une altitude légèrement inférieure. Mais le site abrite une Via Ferrata qui peut constituer une alternative d'ascension. On en rejoint le point de départ en 3/4h environ depuis le refuge par un sentier étroit et pentu qui serpente dans les alpages au-delà du chalet de la Plate. Côté AD, le parcours comprend de nombreux barreaux, un pont de singe et un tunnel à traverser au retour pour nous ramener sur l'itinéraire de randonnée (ne pas oublier la frontale !), le tout entrecoupé de sentiers escarpés.

Lac de Roselend depuis le tracé de la Via Ferrata

     Après les pluies diluviennes de la veille, entre les deux sorties au Rocher de la Sècheune timide embellie semblait se dessiner et nous optons pour la Via Ferrata du Roc du Vent. Mais à mesure que nous remontons la route sinueuse qui se dirige vers le Cormet de Roselend, le ciel s'assombrit de plus en plus au point de distiller quelques gouttes lorsque nous sortons de voiture. Nous entamons néanmoins la montée vers le point de départ de la voie en nous disant qu'il sera encore temps d'aviser. La situation se stabilise et nous nous lançons, le rocher paraissant relativement sec. A défaut de nous offrir des larges perspectives, la brume qui nous entoure rend l'atmosphère véritablement magique. Et pour ne rien gâcher, le ciel s'ouvre brutalement à l'approche du sommet, découvrant ainsi le Lac de Roselend qui s'étire en contrebas. Mais nous ne trainons pas en chemin et rentrons juste à temps au refuge avant un nouveau déluge. Cette Via Ferrata constituait une première, preuve qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire ...

Juillet 2017

vendredi 28 juillet 2017

Rocher de la Sèche (Vanoise)

    Les mauvaises prévisions météo qui nous avaient fait renoncer au Mont Rose se révèleront exactes et cette journée de fin de mois de juin s'annonce en effet bien maussade. Une randonnée est néanmoins organisée à la hâte après l'ascension de la Grande Sassière et l'escalade de la Tête de la Balme les jours précédents. Nous prenons donc la direction du Vallon de Champagny déjà arpenté à plusieurs reprises, été comme hiver, notamment pour effectuer le Tour de la Vallaisonnay, gravir la Pointe de la Vélière ou rejoindre le Refuge de la Glière. L'objectif est cette fois plus modeste puisque, en dépit des 1000 m de dénivelé, il consistera à gagner les hauteurs de l'alpage du Lécheron par un sentier évident. Deux possibilités s'offrent ensuite : soit traverser au mieux le torrent à Froide Fontaine, poursuivre vers le Nord en direction du Passage de la Frête et progresser quelque peu sur la crête de Chapendu, soit s'orienter vers l'Est par une sente initialement bien marquée pour atteindre une gouille et gagner ensuite le point le plus haut du Rocher de la Sèche. Les conditions météo nous conduiront finalement à parcourir les deux itinéraires lors de deux sorties distinctes.


Face Nord de la Grande Casse depuis le sommet 

     Le ciel est bien chargé et une fine pluie s'invite momentanément au départ de Champagny-le-Haut. Nous passons rapidement à côté du chalet du Lécheron, Noëlle pointant le bout du nez en entendant les aboiements de son chien. La pluie reprend mais le ciel semble se dégager partiellement et nous décidons donc de poursuivre. Arrivée à Chapendu sous un soleil qui ne fera malheureusement qu'une brève apparition, avant que de sombres nuages ne s'amoncèlent à nouveau. Retour au Lécheron et poursuite de la descente pour être rattrapé cette fois par une pluie diluvienne qui ne nous épargnera pas. Le coin vaut néanmoins le détour et une nouvelle visite est programmée dès le retour d'un temps plus clément. Ce sera le cas deux jours plus tard et c'est sous un chaud soleil que nous remonterons les pentes pour nous rendre au Rocher de la Sèche. On y jouit d'un superbe panorama sur les sommets qui dominent d'Est en Ouest le Vallon de Champagny : la Grande Motte, la Grande Casse, la Grande Glière et le Grand Bec. La flore abondante et diversifiée s'accompagne d'un cortège de papillons parmi lesquels l'Apollon et le Machaon. Superbe ...

Un aperçu de la flore
De gauche à droite et de haut en bas :

Lin des Alpes (Linum alpinum), Orchis alpestre (Dactylorhiza alpestris), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Tofieldie à calicule (Tofieldia calyculata), Potentille dorée (Potentilla aurea), Pensée des Alpes (Viola calcarata), Orchis globuleux (Traunsteinera globosa), Luzule blanc de neige (Luzula nivea), Bistorte (Bistorta officinalis), Serpolet (Thymus serpyllum), Liondent hispide (Leontodon hispidus), Vesce des bois (Vicia sylvatica), Antennaire dioique (Antennaria dioica), Linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium), Digitale à grandes fleurs (Digitalis grandiflora), Gentiane de Koch (Gentiana acaulis), Potentille à grandes fleurs (Potentilla grandiflora), Orchis moucheron (Gymnadenia conopsea), Alchémille des Alpes (Alchemilla alpina), Centaurée uniflore (Centaurea uniflora), Minuartie à feuilles de mélèze (Minuartia laricifolia subsp. laricifolia), Trèfle alpin (Trifolium alpinum), Géranium des forêts (Geranium sylvaticum), Nigritelle noirâtre (Gymnadenia rhellicani subsp. rhellicani), Euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias), Trèfle rouge (Trifolium rubens), Trèfle de montagne (Trifolium montanum), Raiponce à feuilles de bétoine (Phyteuma betonicifolium), Raiponce ovale (Phyteuma ovatum), Anémone soufrée (Anemone alpina subsp. apiifolia), Pédiculaire du Mont Cenis (Pedicularis cenisia), Listère à feuilles ovales (Listera ovata), Salsifi des prés (Tragopogon pratensis subsp. pratensis) & Joubarbe à toile d’araignée (Sempervivum arachnoideum).

Juin 2017

jeudi 20 juillet 2017

Tête de la Balme (Beaufortain)

    Au lendemain de la Grande Sassière, les prévisions météo à moyen terme n'étant pas meilleures, nous avons opté pour une journée d'escalade. Le secteur choisi fut celui du Refuge de la Balme pour y gravir la Tête du même nom située au pied de la Pierra Menta. Une première pour quelqu'un plus accro aux courses de neige, d'arêtes ou mixtes, où l'usage des crampons prend le pas sur celui des chaussons. La course cotée AD consiste en une succession de dalles inclinées et de ressauts plus raides. La voie de 200 m environ comporte 11 longueurs et a été équipée, ce qui permet de limiter le matériel à emporter. Elle se raidit progressivement à mesure que l'on progresse pour finir sous le sommet par un passage en 5a, avant de gagner une arête qui vient buter sur la Pierra Menta. La journée s'annonçait belle et nous n'avons donc pas trainé à gagner les hauteurs de la Cote d'Aime jusqu'à l'extrémité de la route au Sud-Est du Mont Rosset.


Tête de la Balme sur fond de Pierra Menta 

     Du parking, on emprunte la longue piste et le GR5 qui conduit au Refuge de la Balme. Petit arrêt pour discuter avec le gardien, prendre un café et c'est reparti vers le Nord en direction du Col de Bresson. On quitte rapidement la piste pour traverser le torrent de l'Ormente et emprunter une sente qui se dirige vers le Sud-Ouest et le Col de la Charbonnière. Au-delà de la Tête de la Balme, une vague trace dans la végétation remonte droit dans les courbes de niveau et permet d'atteindre le cairn indiquant le départ de la voie. Le temps de s'équiper et c'est parti pour un enchaînement de longueurs. Un seul mot vient à l'esprit : ludique ! Du sommet, on entame la descente à travers des éboulis instables puis un amas de blocs avant de poursuivre à vue dans les alpages et regagner le chemin de montée. Repas au refuge suivi d'un arrêt photo devant un magnifique Lis orangé et terminer on ne peut mieux une sortie dans le Beaufortain qui ne restera pas sans suite.

Juin 2017

mardi 11 juillet 2017

Aiguille de la Grande Sassière (Alpes Grées)

    Comme souvent en montagne, la météo dicte sa loi à laquelle il convient de nous conformer. En cette fin du mois de juin, la canicule qui a sévi pendant plusieurs jours rendait délicates les courses d'alpinisme à des altitudes modérées. Aussi, afin de trouver des conditions plus favorables au-delà de 4000m, pourquoi ne pas se tourner vers le Massif du Mont Rose que nous avions pu observer précédemment depuis le Passo del Monte Moro. Malheureusement, une période de forte instabilité était annoncée et il ne paraissait pas prudent de nous engager. L'évolution des conditions les jours suivants nous donnera raison. Nous nous sommes alors tournés vers d'autres activités de montagne modulables au jour le jour : randonnée alpine, course mixte, escalade et via ferrata. La montagne regorge en effet de possibilités. En guise de première sortie, direction laGrande Sassière dont nous avions parcouru la réserve naturelle précédemment. Avec un denivelé avoisinant les 1500 m et une altitude dépassant les 3700 m, nul doute qu'il ne fallait pas trainer pour en entamer l'ascension.


Massif du Mont-Blanc depuis le sommet de la Grande Sassière 

     Réveil très matinal donc et départ peu après 5h par un sentier qui grimpe droit dans les courbes de niveau. Les conditions sont optimales tant au niveau de la température que du terrain. Après une large boucle en direction de la Grande Combe et le passage furtif de quelques bouquetins et chamois, on entame le tracé qui parcourt l'ensemble de l'arête, avec des ressauts successifs, dont la montée finale par une trace instable. Le panorama au sommet est exceptionnel, étalant sous nos yeux quelques-uns des sommets que nous avons eu l'occasion de gravir précédemment, notamment en face Nord lorsque les conditions de neige étaient favorables : la Tsanteleina et la Grande Aiguille Rousse à nos pieds, le Mont Pourri et la Grande Casse plus à l'Ouest et, au loin, la Grande Ciamarella et le Grand Paradis. Au Nord, le Dôme des Glaciers, le Mont-Blanc et les Arêtes de Rochefort. Le froid se fait alors ressentir et on entame la descente de l'arête rocheuse pour atteindre le glacier et rejoindre plus bas l'itinéraire emprunté à la montée. Retour dans les rocailles puis les alpages abondamment fleuris. Mémorable !


Un aperçu de la flore
De gauche à droite et de haut en bas :


Renoncule des glaciers (Ranunculus glacialis), Véronique buissonnante (Veronica fruticans), Scutellaire des Alpes (Scutellaria alpina), Minuartie printanière (Minuartia verna), Joubarbe des montagnes (Sempervivum montanum), Gentiane ponctuée (Gentiana punctata), Pédiculaire du Mont Cenis (Pedicularis cenisia), Anémone du Mont Baldo (Anemone baldensis), Orchis brûlé (Neotinea ustulata), Saxifrage à feuilles opposées (Saxifraga oppositifolia), Arnica (Arnica montana), Valériane à trois folioles (Valeriana tripteris), Trolle (Trollius europaeus), Gentiane printanière (Gentiana verna), Azalée naine (Kalmia procumbens), Dryade à huit pétales (Dryas octopetala), Saxifrage à deux fleurs (Saxifraga biflora), Benoîte rampante (Geum reptans), Anthyllide vulnéraire (Anthyllis vulneraria), Sainfoin des Alpes (Hedysarum hedysaroides), Orchis grenouille (Coeloglossum viride), Renouée vivipare (Polygonum viviparum), Biscutelle commune (Biscutella laevigata), Bartsie des Alpes (Bartsia alpina), Hélianthème alpestre (Helianthemum italicum var. alpestre), Raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare),  Trèfle alpin (Trifolium alpinum), Pédiculaire de Kerner (Pedicularis kerneri), Soldanelle des Alpes (Soldanella alpina), Pensée des Alpes (Viola calcarata), Orchis mâle (Orchis mascula), Antennaire dioique (Antennaria dioica), Séneçon doronic (Senecio doronicum), Orchis vanille (Gymnadenia rhellicani subsp. rhellicani), Silène acaule (Silene acaulis subsp. exscapa) & Céraiste à une fleur (Cerastium uniflorum).

Juin 2017



lundi 29 mai 2017

Roche à Lomme (Calestienne)

    Ce promontoire rocheux, qui domine la confluence de l’Eau Blanche et de l’Eau Noire, se dénommait anciennement la Roche à l’Homme. Selon une légende, un gardien de troupeau y chuta depuis son sommet et une croix fut alors érigée en signe de commémoration. La dénomination actuelle - la Roche à Lomme - rappelle que ce rocher fit au Moyen âge office de borne pour le Pays de Lomme, dont la frontière Sud-Est était constituée par la rivière du même nom. De nombreux vestiges témoignent par ailleurs d'une occupation des lieux par l'Homme qui remonte à la préhistoire et qui s'est poursuivie au cours des siècles. Quant à la Montagne-aux-Buis, sa dénomination dialectale est Tienne-aux-Pauquis. Le terme "pauquer" fait en effet référence à la fête de Pâques, et plus précisément au dimanche des Rameaux qui la précède et aux cérémonies durant lesquelles sont habituellement utilisées, dans nos régions, des branches de buis.

Croix sommitale sur fond de Montagne-aux-Buis 

     Le denivelé étant des plus modestes, nous avions effectué précédemment un rapide passage à la Roche à Lomme, au retour d'une journée au Fondry des Chiens situé sur l'autre rive de l'Eau Noire. Changement de programme cette fois avec une visite très matinale pour profiter à la fois d'une belle lumière et de la quiétude des lieux. L'itinéraire monte rapidement en sous-bois pour gagner la crête rocheuse. En cette période de l'année, la flore des pelouses calcaires est bien présente comme l'Hippocrépide à toupet et la Laitue vivace, ou encore le Géranium sanguin et la Mélique ciliée. Ensuite, direction le Nord-Est pour gagner progressivement la la bien nommée Montagne-aux-Buis, en raison de l'abondance de l'arbuste par endroits. Les orchidées ne sont pas en reste, notamment la Plathanthère verdâtre et la Listère ovale. Enfin, une large boucle nous conduira en sous-bois vers une station d'Orchis pourpre, une espèce dont la taille peut atteindre 80 cm.

Mai 2017

D'autres photos illustrant la flore sont proposées ici.

mardi 16 mai 2017

Réserve Naturelle de Viesville (Sillon Sambro-Mosan)

    Il est des endroits que l'on ne foulerait pour rien au monde ou presque et qui se révèlent finalement bien attrayants. Ainsi en est-il de la Réserve Naturelle de Viesville. Située à un jet de pierre d'une métropole au riche passé industriel, en bordure de canal et non loin de l'autoroute, qui aurait pu penser au premier abord qu'elle puisse être digne d'intérêt ? Quelle erreur ! Le site est accessible par de petites routes de campagne et on n'aperçoit pas la moindre trace d'industrie le long du cours d'eau, dont le chemin de halage a été intégré au Réseau Autonome des Voies Lentes (RAVeL). La réserve s'étend sur plus de 50 ha et comprend des biotopes variés : dépressions humides, friches, bois, prairies de fauche de basse altitude ainsi qu'une zone sableuse riche en orchidées. L'avifaune et la lépidofaune sont bien diversifiées et la flore n'est pas en reste.


A la confluence du canal et du ruisseau de Tintia

     Que faut-il de plus qu'une matinée libre et un ciel bleu pour poursuivre la découverte des réserves naturelles de nos régions ? Un petit bout de carte pour cheminer au mieux dans les sentiers, l'incontournable appareil photo, un saut dans la voiture et c'est parti ! A la piste initiale succède un étroit sentier qui monte et descend le long des talus, contourne la vaste prairie où se pratique une agriculture extensive, descend vers le ruisseau de Tintia avant de rejoindre les abords du canal pour serpenter ensuite dans quelques zones de moindre étendue. Le Silène fleur de coucou est bien présente dans les pelouses, l'Aspérule odorante en sous-bois et la Listère à feuilles ovales, une discrète orchidée, non loin du ruisseau. Quant à la Dame-d'onze-heures, elle était - comme son nom l'indique - invisible au petit matin avant de s"épanouir au retour.

Mai 2017

jeudi 6 avril 2017

Réserve Naturelle de Modave (Condroz)

     Dominant de plus de 50 m le Hoyoux, un affluent de la Meuse, le Château de Modave fut édifié au XIIIe siècle. Il perdit son aspect féodal lors de travaux de restauration effectués au XVIIe siècle et qui s'inspiraient de l'architecture en vogue sous Louis XIV. Il appartient actuellement à une société de distribution d'eau qui en exploite le captage en sous-sol. Un vaste domaine préservé s'étend aux abords du domaine sur plus de 400 ha et abritent une très grande variété de sites naturels ou semi-naturels. La faune et la flore sont abondantes et diversifiées, abritant quelques espèces rares notamment de fougères et de chauves-souris. Plusieurs lambeaux de pelouses calcaires ont échappé à la reforestation durant le XXe siècle et abritent diverses espèces d'orchidées comme l'Ophrys abeille. Des fouilles archéologiques menées notamment au Trou Al'Wesse témoignent d'une occupation par l'Homme qui remonte à près de 50.000 ans.


Pelouse calcaire sur les hauteurs du Hoyoux

     Le château et son parc sont facilement accessibles depuis le parking tout proche et quelques centaines de mètres à pied suffisent alors pour en faire le tour. Ensuite, tout est permis ou presque puisque la zone Natura 2000 qui couvre le domaine s'étend bien au-delà du seul site de Modave. Lors de cette première visite du secteur, nous avons opté pour un parcours en boucle de plus de 20 km. Une brève montée en forêt par un étroit sentier fut suivie d'une rapide visite des jardins du château, étonnamment vides en ce matin de printemps. Puis, ce fut la traversée de la pelouse calcaire et la descente vers le Hoyoux. S'ensuivit alors un long cheminement à travers les bois, les prairies et les hameaux aux maisons de pierre, en empruntant sentiers, pistes forestières et routes de campagne interrompues ça et là par des passages à gué. Avec le sentiment étrange, bien qu'en étant non loin de chez nous, de nous trouver ailleurs ...

Avril 2017

mercredi 15 mars 2017

Le Soliat (Jura)

     Culminant à 1464 m d'altitude, le Soliat n'est pas à proprement parler un sommet. Il s'agit en fait du point le plus haut des alpages qui dominent le Creux de Van, un cirque rocheux de plus d'1 km de large situé dans le Jura vaudois. Par sa position sur les hauteurs du Lac de Neuchâtel, il offre néanmoins un panorama étendu sur la chaîne des Alpes. Le Soliat est aisément identifiable par la présence à son sommet d'une croix, de quelques bancs et d'une table d'orientation. En saison estivale, il est aisément accessible depuis la Ferme du Soliat située un peu plus au Nord. L'hiver en revanche, la sortie "raquette" devra être entamée au départ de la Ferme Robert, voire un peu plus bas si la route d'accès est fermée en raison de l'enneigement.


Au pied du Soliat sur fond de chaîne des Alpes
     Lors d'une précédente sortie dans le secteur, le Soliat avait été atteint après avoir parcouru la crête dominant le Creux du Van par l'Ouest. Cette fois, nous avons opté pour un tracé plus direct qui serpente à l'Est au cœur du cirque avant de gagner la crête par le Sentier du Single. Alors que le denivelé se réduit à moins de 100 m au départ de la Ferme du Soliat, il atteint cette fois 500 m environ et la pente est parfois accusée au point que kes pointes avant ne furent pas inutiles en l'un ou l'autre endroit. Après le sommet, la descente s'effectue en parcourant alpages et forêts en pente douce en direction de la Ferme Robert. Neige épaisse au menu mais ni chamois, ni bouquetin, en dépit de très nombreuses traces. Ce sera pour une prochaine fois ...

Février 2017

samedi 4 mars 2017

Dent de Vaulion (Jura)

     La Dent de Vaulion culmine à un peu moins de 1500 m d'altitude au sein du Parc Naturel Régional du Jura vaudois. Ce sommet est sans nul doute celui auquel on accède le plus rapidement en traversant la frontière franco-suisse au départ de Pontarlier. Pour s'y rendre, on franchit la faille de La Cluse et Mijoux, en empruntant la route qui se glisse au pied du Fort de Joux dont l'histoire s'étale sur plus de 10 siècles. Comme le Mont Tendre situé un peu plus au Sud-Ouest, la Dent de Vaulion domine le Lac Brenet, ainsi que le Lac de Joux qu'on longe brièvement avant d'entamer la montée en direction du Col de Mollendruz. Deux parkings distants d'environ 1 km, dont celui de Pétra-Felix, permettent de stationner aisément afin de s'équiper en toute tranquillité.


Signal géodésique de la Dent de Vaulion sur fond de chaîne des Alpes

     Une première ascension de la Dent de Vaulion avait eu lieu quelques années auparavant lors d'une journée où il ne fallait pas mettre un randonneur dehors. Froidure, grésil et vent nous ont en effet accompagné durant toute la sortie et un abri de fortune fut des plus utiles lorsqu'il s'est agi de nous restaurer. Rien de pareil cette fois où le soleil fut de la partie dès le lever du jour. Alors que la précédente sortie fut effectuée au aller-retour, nous avons cette fois opté pour une jolie boucle qui monte en forêt pratiquement en droite ligne vers le sommet. En dépit d'une fréquentation importante au sommet due à un dénivelé modeste, l'isolement fut total au retour grâce à de larges zigzags effectués dans les alpages. Avec, en prime, un Lynx aperçu brièvement. Quelle magnifique région !

Février 2017

mercredi 22 février 2017

Chasseral (Jura)

     Après avoir dû faire l'impasse l'année précédente, retour à Aubonne pour effectuer l'une ou l'autre sortie "raquette" dans le Jura suisse. La neige étant tombée avec parcimonie durant l'hiver, nous appréhendions quelque peu les conditions mais il n'en sera finalement rien. Le premier objectif est le Chasseral qui, à l'inverse des secteurs arpentés précédemment, se situe dans le Canton de Berne. Il culmine à un peu plus de 1606 m, soit une altitude inférieure à celle du Chasseron de quelques dizaines de centimètres seulement. Le Chasseral est situé au centre du Parc Naturel Régional du même nom et domine le Lac de Bienne qui s'étend au Sud-Est. Aisément reconnaissable par la présence au sommet d'une station de télécommunication et facilement accessible l'été par la route depuis le Col du Chasseral, il constitue un lieu fort fréquenté en raison du panorama étendu qu'il offre sur la chaîne des Alpes. Mais ce sommet peut également être atteint depuis la vallée, notamment en empruntant la Combe Grède, une réserve naturelle où chamois et marmottes furent réintroduits voici plus de 50 ans.

Le Chasseral et son antenne de télécommunication

     Ayant fait la route le matin-même, ce n'est qu'en toute fin de matinée que le départ fut donné en direction de la Combe Grède. Cette fissure qui coupe la montagne en direction du Chasseral est équipée de multiples passerelles, échelles et autres câbles. Le soleil éclaire initialement la piste forestière avant de disparaître lorsque la trace se réduit. Outre les éventuelles chutes de pierres auxquelles il faut être attentif, l'endroit devient tout-à-coup plus austère. La progression s'avère également plus délicate en raison de la présence de nombreux passages étroits et entièrement verglacés. Nul doute que cette voie d'accès n'est pas à mettre sous toutes les semelles en conditions hivernales. Ensuite, depuis le Pré aux Auges, l'itinéraire se poursuit en pente douce en contournant le Petit Chasseral par l'Est avant de gagner le sommet du Chasseral non loin du signal géodésique. Le retour s'effectuera en parcourant les alpages et forêts qui s'étendent de part et d'autre de la Combe Grèdepour terminer sous les étoiles après un quinzaine de kilomètres et un dénivelé de 850 m environ.

Février 2017