123Gravir/LeBlog


Itinéraires et récits relatifs à des sorties passant du Nord au Sud par la Hesbaye, le Condroz, l'Ardenne, les Vosges, le Jura, le Chablais, le Mont-Blanc, la Vanoise, les Alpes Grées, le Piémont, Val d'Aoste, le Haut-Languedoc, la Crête ...

vendredi 15 octobre 2010

Arêtes de Rochefort (Mont-Blanc)



     Considérée comme assez difficile, cette sortie emprunte une arête exposée qui débute au pied de la Dent du Géant et se termine par l’ascension rocheuse de l'Aiguille de Rochefort (4001 m). Cette course située à la frontière italienne m’avait été chaudement recommandée voici quelques années par un guide des Contamines, à juste titre car elle est véritablement de toute beauté. Le tracé a comme point de départ le refuge Torino atteint la veille en empruntant d’abord le téléphérique Monte Bianco, puis un long escalier sous-terrain.  Ancienne base militaire de l’armée italienne, l’abri est quelque peu lugubre mais ce caractère est heureusement compensé par la beauté du paysage extérieur. Pour effectuer cette sortie, je m’étais fait déposer, en descendant du Col du Petit Saint-Bernard, à La Palud, situé à quelques encablures du Tunnel du Mont Blanc du côté italien. Bien que nous ayons opté pour un jour de semaine et en fin de saison, plusieurs cordées avaient choisi cet itinéraire. En saison, il est fréquent que l’on doive assister à un vrai défilé, avec tous les inconvénients que cela génère …

La Dent du Géant et les arêtes, depuis le refuge Torino

    La course s’est déroulée dans les meilleures conditions possibles et sous un franc soleil. On commence par traverser le plateau du Géant en prenant Nord-Est en direction de la Dent du même nom. On remonte ensuite les pentes de neige qui permettent d’accéder à un éperon rocheux que l’on gravit pour atteindre la base de la Dent, côté Sud. On suit alors vers l'Est l’arête neigeuse qui est par endroits très effilée. On poursuit jusqu'à un relais équipé d’une corde fixe qui permet de redescendre de quelques dizaines de mètres pour rejoindre l’arête située en contrebas. On atteint alors le pied de l’Aiguille que l’on escalade jusqu’au sommet (4001 m) avant de repartir en sens inverse pour regagner le plateau. Le retour vers Chamonix a ensuite été effectué en empruntant la télécabine depuis la Pointe Helbronner en direction de l’Aiguille du midi et en profitant ainsi du somptueux paysage de la Vallée Blanche qui s’étendait sous nos pieds et jouir au final du spectacle offert par les 3 Monts (Tacul, Maudit et Mont Blanc). Sans aucun doute, un des meilleurs souvenirs d’alpinisme …

D'autres photos de cette course sont proposées ici.

Septembre 2008


dimanche 10 octobre 2010

Cascade de la Serva (Vosges Gréseuses)




     Reconaissons-le d’emblée, mais ce n’est un secret pour personne : les Vosges ne peuvent rivaliser avec les autres massifs pour ce qui est de l’altitude. En revanche, pour peu que l’on augmente la distance parcourue, il est souvent assez simple de réaliser à la journée un dénivelé positif cumulé de 1000 m environ. C’était le cas de l’itinéraire menant au Lac de la Maix au départ de Moussey et il en est pratiquement de même si l’on se rend à la Cascade de la Serva par un itinéraire en boucle de 15 km environ au départ de Rothau.

Lumière automnale sous le Champ du Feu

     Les alentours de Schirmeck sont propices aux longues randonnées en forêt et l’attrait est tout particulier lorsque celles-ci sont effectuées sous un généreux soleil automnal.  Cet itinéraire emprunte des sentiers qui tantôt serpentent sous les arbres, tantôt donnent accès à des paysages ouverts sur les reliefs avoisinants. Il se dirige vers la Haute Goutte, passe à proximité de la Grotte du Déserteur, conduit à la cascade, frôle le Champ du feu bien connu des skieurs, et permet de revenir au point de départ en empruntant le Col de la Perheux


 Octobre 2008


Lac de la Maix (Vosges Gréseuses)

     D'origine glaciaire, le Lac de la Maix est situé au pied du Donon dans une cuvette entourée de toutes parts par la forêt. Il revêt ainsi un caractère quelque peu mystérieux et il n’est donc pas étonnant qu’il soit empreint de légendes, la plus connue étant celle du Diable violoneux. Le site a été peu occupé par l’homme mais des éléments de bois datant approximativement de l’an 1000 montre que cette occupation remonte au Moyen-Age. Un ermitage s’est implanté par la suite et le site fut un lieu de pèlerinage jusqu’au XVIIIe siècle. La chapelle actuelle fut construite 100 ans plus tard. Quelques plantes remarquables se développent à la surface du lac, comme les nénuphars jaunes et les trèfles d’eau.

Lac de la Maix

     Le site est accessible au départ du Col de Prayé ou encore depuis la commune de Vexaincourt par une piste praticable en voiture, ce que rend sa visite possible par les familles avec enfants ou les personnes à mobilité réduite. L’idéal est cependant de le rejoindre par une longue sortie en boucle depuis la Vallée de Moussey. Cette randonnée de plus de 20 km dans les très belles forêts de Val Senones et Bois Sauvages emprunte tant des sentiers bien tracés que d'autres enfouis par endroits sous la végétation. Elle conduit au lieu-dit le Haut de Bon-Dieu surplombant le lac dont les eaux prennent alors un beau reflet turquoise. Au retour, la Tête du Coquin offre un panorama à 360° sur la plaine de Lorraine au Nord-est et les Monts d'Alsace au Sud-Est.

Septembre 2010

D'autres photos du lac et de ses abords sont proposées ici et un itinéraire détaillé .


samedi 2 octobre 2010

Mont-Blanc (Massif éponyme)



     Après le Tacul dont l'ascension fut réalisée voici quelques années, le Mont-Blanc était cette fois l'objectif de cette sortie entre collègues, l'Aiguille du Tour ayant été gravie la veille en guise d'échauffement. Les conditions météo ne s'annonçant pas des meilleures pour le début de la semaine, nous avons été contraints d'enchaîner ces 2 courses après un passage éclair par Chamonix. Malgré cela, les prévisions n'étaient guère réjouissantes et le risque était grand que nous soyons rattrapés par le mauvais temps. L'arrivée à l'Aiguille du Midi se déroule en effet dans la brume et la température est légèrement inférieure à 0°. A la descente du téléphérique, on emprunte les divers couloirs où on s'équipe à la hâte. On rejoint alors la plate-forme extérieure, d’où on commence par descendre l’arête Nord-Est pour gagner le plateau. On remonte ensuite ensuite vers le refuge des Cosmiques bondé malgré une météo peu favorable. Le soleil refait néanmoins son apparition en début de soirée. Nuit courte mais sommeil réparateur. Départ du refuge vers 1h  sous les étoiles, descente vers le Col du Midi et montée rapide à l'épaule du Tacul (4075 m). Le ciel se couvre cependant et le vent gagne en force. Légère desccente avant de remonter vers l'épaule du Maudit (4345 m) et ses cordes fixes (50 m environ à 50°). On se marche un peu sur les pieds car il y a du monde mais le passage en glace (il peut être en neige selon les conditions) est franchi sans encombre.


Le Mont-Blanc, au retour de l'Aiguille du Tour

     Les conditions climatiques se dégradent alors fortement : la température chute et le vent avoisine les 50 km/h. Nous nous couvrons peu à peu de givre et, malgré les protections, les poches à eau sont entièrement gelées. Heureusement, il y a le thermo de thé chaud. La sensation de froid devient intense (-25° environ) et nous sommes contraints de poursuivre la marche. La brume s'épaissit de plus en plus et la trace est de moins en moins visible. Les cordées font demi-tour une à une. Nous continuons encore en direction du Col de la Brenva (4305 m) mais le risque augmente car, dans de telles conditions, il s'avère impossible d'être secouru en cas de problème. Conciliabule à hauteur des Rochers Rouges où pendant de longues minutes sont pesés le pour et le contre. La décision est cependant prise de faire demi-tour à 300 m du but. Ce n'est pourtant pas encore gagné car la descente du Maudit et surtout du Tacul s'avèreront délicates alors que le retour devait initialement emprunter la voie normale d’ascension par l'arête des Bosses et le refuge du Goûter. De plus, 300 m de montée seront encore nécessaires en fin de parcours pour rejoindre l’Aiguille du Midi par l'arête où il faudra être vigilant en raison du croisement des cordées. Au final, un brin de déception mais aussi le sentiment positif d'avoir pu renoncer même si la tentation était grande de poursuivre dans des conditions très difficiles.

Septembre 2010

Aiguille du Tour (Mont-Blanc)



     Après la Vanoise durant l'été, c'est dans le Massif du Mont-Blanc que nous allons user nos crampons en cette fin de saison. Initialement prévue l'an dernier et annulée en dernière minute en raison de la météo, cette sortie d'entreprise se présente apparemment sous les meilleurs auspices. Le programme a cependant dû être comprimé sur 3 jours car le début de semaine s'annonce chaotique. La suite nous le démontrera. Partis dès l'aube des frontières de l'Est, nous avons rejoint le village du Tour en début d'après-midi. Juste le temps de manger un morceau et de s'équiper avant de monter vers le refuge Albert 1e qui, avec le week-end ensoleillé qui s'annonce, était évidemment bondé.

Ascension matinale du Glacier du Tour

     Du refuge Albert 1er, on remonte la rive droite du Glacier du Tour en direction du Col Supérieur du Tour (3288 m) en contournant par la droite l'Aiguille Purtscheller et on entame alors la montée dans les rochers en direction du sommet (3542 m). 
Petit vent frisquet mais grand soleil pour les derniers mètres. Le temps de prendre quelques photos et on amorce la descente sans tarder avant l'arrivée de la grande foule. Retour tranquille vers le refuge qui est alors désert, on grignote un peu et on reprend le chemin inverse pour rejoindre la voiture et poursuivre vers Chamonix. Repos de courte durée car on se prépare de suite pour monter à l'Aiguille du Midi en prévision du Mont-Blanc, le programme du lendemain.

Quelques photos illustrant la sortie sont proposées ici.

Septembre 2010